Le train de nuit Montréal–Halifax revient : le projet qui divise le pays
Voitures-lits rénovées, wagon bistro et tarifs contestés : le retour du mythique convoi de l'Atlantique attise déjà les passions.
Par Étienne Barbeau-Lachance · 16 août 2026 · Lecture 5 min

Il y a des projets qui réveillent une nostalgie collective. Le retour annoncé d'un train de nuit reliant Montréal à Halifax appartient à cette catégorie rare : à peine l'annonce publiée, les commentaires se comptaient par milliers.
Sur le papier, l'offre a de quoi séduire. Départ en fin de soirée du centre-ville, voitures-lits entièrement rénovées, wagon bistro ouvert jusqu'à minuit et arrivée sur la côte atlantique au petit matin, café à la main.
Mais l'enthousiasme s'est vite heurté à une réalité têtue : la vétusté du réseau. Sur plusieurs tronçons, les trains de marchandises restent prioritaires, et les retards de plusieurs heures font partie du folklore ferroviaire canadien.
Le prix de la nostalgie
Les premiers tarifs évoqués — entre 189 et 460 dollars la couchette selon la saison — ont provoqué une levée de boucliers. « À ce prix, je prends l'avion et je dors dans un vrai lit », résume un usager de Moncton, dont le message a été partagé des dizaines de milliers de fois.
Les défenseurs du projet rappellent qu'un train de nuit supprime une nuit d'hôtel et relie des dizaines de communautés que l'avion ignore superbement.
Ce qui se joue vraiment
Derrière la carte postale, une bataille politique se dessine : les provinces de l'Atlantique réclament des garanties de fréquence, tandis qu'Ottawa promet un calendrier « réaliste ». Les premiers billets pourraient être mis en vente à l'automne prochain, si les essais techniques tiennent leurs promesses.


